Quelles sont les principales différences de fabrication entre les kavals bulgares et turcs?

Les kavals de type bulgare sont généralement en 3 morceaux de bois durs (souvent en cornouiller) assez massifs : La tête, le corps et la patte, renforcés d’embouts pour s’emboîter solidement l’un dans l’autre.

La corne est utilisée dans la facture des plus beaux instruments. Les plus « soignés » sont même sertis d’incrustations décoratives qui en augmentent d’autant le poids … et la valeur symbolique (cf la passionnante thèse de Marie Barbara Le Gonidec à ce sujet).

Ces kavals ont généralement des trous de même taille et le trou du pouce, à l’arrière sonne une sixte majeure supérieure à la fondamentale de l’instrument.

Les kavals turcs eux cherchent au contraire le plus de légèreté possible tant dans le choix du bois (abricotier …) et dans le fait qu’ils soient faits d’une seule pièce.

L’importance du poids s’explique par la façon différente de jouer le vibrato dans ces deux cultures : Ce sont les doigts qui impriment le vibrato dans la tradition bulgare alors que c’est la mise en mouvement de l’instrument lui même qui génère cet effet dans les traditions asiatiques, ce qui exige plus de légèreté.

Les kavals turcs ont généralement un ou deux trous plus petits que les autres (le 3e et le 7e en partant du bas pour les kavals dits de 2e position) pour permettre de jouer avec les comas du système du Maqam.

Le trou du pouce, à l’arrière sonne une sixte majeure supérieure à la fondamentale de l’instrument pour les kavals dits de 2e position (comme les bulgares), mais il est placé plus haut pour sonner une septième mineure sur les kavals dits de 1ere position

  • Voir l’article sur le système des positions 1 et 2 des kavals anatoliens