En turc, Kaba veut dire « rude » au sens propre. Cette traduction donne la pleine mesure de ce registre grave du kaval, qu’on retrouve aussi dans la dénomination de la Kaba Gaïda des Rodopes.
Ce son est très particulier, on devrait d’ailleurs plutôt dire « ces » sons, au pluriel. En effet ils s’agit d’une superposition de sons, des multiphoniques en quelle sorte.
Les joueurs de caval roumain (flûte droite) et de dili kaval turc l’obtiennent en obturant légèrement « la fenêtre » du sifflet avec leur lèvre inférieure qui vient en quelque sorte « brouiller » les fréquences. On pourrait l’assimiler à une amplification « naturelle », car, de fait le son ainsi parasiter devient plus fort.
Dans les cas des flûtes obliques, il est nettement plus compliqué à obtenir. Il n’y a pas de secret, mais il faut être patient, très patient. En effet, le « brouillage » que le joueur de caval roumain obtient aisément sur son instrument est plus difficile à trouver sur une flûte oblique. C’est une affaire de temps et de muscles! Il faut une embouchure très solide pour que les muscles des lèvres résistent à l’énorme pression que doit exercer la sangle abdominale. C’est cette sorte de conflit entretenu qui crée le fameux « kaba » des flûtes obliques.
